9 au 15 mars 2017 - Pyeongchang, Corée du SudÉpreuves de qualification internationale pour les Jeux de 2018. Moment charnière de mon parcours...

Jour 0 – C’est un départ
Voyage: 27 heures
Arrêts: Vancouver, Séoul
Décalage: +14 heures

Après un long voyage et peu de sommeil, nous voici enfin arrivés! Je suis restée éveillée presque tout le parcours pour tenter d’absorber le décalage. Nous logeons à l’hôtel puisque le village des athlètes est toujours en construction. Bientôt à l’horizontal… Zzzzz.

L'équipe canadienne dans le lobby de l'hôtel.
Vue aérienne du stade de ski.
L'infrastructure de sauts à ski vue du stade de ski de fond.

Jour 1 – Le site des prochains Jeux
Élévation: 775 mètres
Quantité de neige: …? (se mesure en mm)
Taille des sourires coréens: large

Ce matin, nous partons à la découverte des installations sous un soleil radieux et des vents de 30 Km/heure. À -8C, ce sera la journée la plus froide de notre séjour. La neige artificielle, commandée il y a plus de 8 semaines, a sûrement vu de meilleurs jours… Voyons voir combien de temps elle tiendra la coup.

L’intérêt du site c’est la proximité des infrastructures . Contrairement à Sotchi – où une centaine de kilomètres séparaient les arénas et les stades extérieurses, et deux montagnes séparaient les équipes paraalpine et paranordique – à Pyeongchang, tous les athlètes logeront au même village et pourront aller s’encourager.

Malgré la fatigue résiduelle, je chausse mes skates pour une séance à haute intensité. C’est l’occasion de tester les vitesses 3 et 4 de mon moteur en préparation de ma première course qui aura dans trois jours.

C’est cool d’être ici 🙂 #mercilavie

Jours 2 et 3 – Entraînement mollo
Vents: 30 km/hr
Rafales: 70 km/hr
Ciel: clair

La neige tient le coup grâce à un vent qui coupe le souffle. Il faut pousser dans les descentes si on ne veut pas être immobilisé. Lorsqu’il frappe de côté, j’ai du mal à garder mes skis pointés dans la bonne direction! Pas facile pour ceux qui tirent à la carabine.

Après un court entraînement, je vais encourager mes collègues à la ligne de départ de l’épreuve de biathlon courte distance. Mark Arendz remporte l’argent! Bravo également à Brittany Hudak (5e), Emily Young (8e), Collin Cameron (8e) et Derek Zaplotinsky (11e) d’avoir fait suer leurs compétiteurs.

Les Coréens sont fiers d’accueillir les Jeux et viennent encourager leurs athlètes en grand nombre. On a pas l’habitude d’avoir autant de spectateurs à nos événements.

Les Coréens encouragent leurs athlètes.
Courir avec le sourire... sinon, pourquoi faire?

Jour 4 – 15 km style libre
Température: 10 C
Vitesse: paquebot
Distance ressentie: 25 km

Le vent est tombé ce matin. Le soleil en profite pour taper les pistes et nous donner de la neige mouillée, collante et creuse dans les montées. Dès le réchauffement, on sait que ce sera une course lente et musculaire. Il fait pas mal chaud. Swix: il nous faudrait des costumes d’été!

Je me présente un peu hésitante à la ligne de départ; toujours pas entièrement remise du décalage horaire. Je dose mon énergie au départ. Les skis calent. On rame pour avancer sur le plat. Il faut surveiller le cardio dans les montées si on veut finir la course.

J’admire l’agilité des ukrainiennes mais je me garde bien d’essayer de les suivre. Je reste plutôt collée aux talons de la jeune chinoise Yuxin (16 ans… soupir…). Plus rapide qu’elle dans les montées, elle me clanche dans les descentes et termine 14 secondes devant moi.

Je la remercie à l’arrivée car, c’est grâce à elle si je me suis poussée hors de ma zone de confort tout au long de la course. Avec elle, je réussis à rencontrer le critère de qualification internationale pour cette course. Une de trois.

Jour 5 – La “neige” de Pyeongchang
5% naturelle
70% artificielle
17% sable
5% herbe
3% klister

On se prépare pour les sprints qui auront lieu demain. Il s’agira de ma toute première épreuve de style classique en contexte international. Et oui! Ça vous surprend?

Jusqu’en 2014, j’ai tout misé sur le skate et le biathlon. Après Sotchi, j’ai enfin eu le courage de dépoussiérer mes skis classiques et de m’y remettre. J’en arrache toujours; c’est une technique qui ne me vient pas naturellement. Mais j’y prends goût, petit à petit.

Chose certaine, sprints + style classique = gros défi. Surtout dans ces conditions. L’herbe et la bouette percent par endroit et la saleté remonte à la surface. On oublie la glisse; la victoire appartiendra à celle qui saura courir le plus vite sur ses skis.

Des farteurs à la ligne de départ: prêts pour tout.

Jour 6 – Sprints style classique
Parcours: 1.5 km
Allure: “À fond Léon”
Rythme cardiaque moyen: 190 battements/min
Vitesse: Canard enflammé

Laissez-moi vous dire que j’en ai toussé une shot après. Ma gorge et mes poumons sont en feu, comme si j’m’étais enfilé trois paquets de Malborough extra fortes d’une shot. Ça doit pas être bon pour la santé ça…?

Performances inspirantes de deux nouvelles recrues d’Équipe Canada qui ont TOUT donné pour monter sur le podium. Bravo Collin Cameron (or) et Emily Young (argent)! Ma course n’a pas été aussi mémorable… mais j’ai amassé les points nécessaires! Très heureuse 🙂

Pour moi, tout se décide dans deux jours avec le 7,5 Km style classique.

Jour 7 – Équipe Canada à Pyeongchang
Nombre d’athlètes: 12 athlètes
Équipe de soutien: 4 coachs, 5 techniciens, 2 thérapeutes
Niveau d’énergie: top

Aujourd’hui, une visite de nos installations sur le site de compétition (voir vidéo). Une série de containers ont été aménagées pour accueillir les équipes d’une quizaine de pays.

Je souligne le travail extraordinaire de nos coachs et farteurs qui travaillent sans relâche pour produire le meilleur “kick” et la meilleure glisse sur de la neige sale et trempée. Pas facile. Mais le Canada a fait sa marque: nos skis sont vites. Et quand les skis sont vites, le moral du skieur est bon 🙂

Un merci tout spécial aussi aux coachs Dave Bjorn Taylor et Kate Boyd pour leur patience et leur appui. Dernière course demain: je suis prête.

Kate Boyd et Bjorn Taylor
7.5 Km style classique: Caroline et Du

Jour 8 – 7,5 Km style classique

Performance décevante au 7,5 Km style classique aujourd’hui. J’ai travaillé fort pour améliorer cette technique dans la dernière année, mais j’ai eu du mal sur la neige molle. J’ai exécuté mon premier tour de 3,75 Km beaucoup trop rapidement, la machine a perdu toute sa vitesse au 2e tour. C’est donc dire que j’ai loupé le critère de sélection pour les Jeux lors de cette course.

MAIS… la moyenne des points obtenus lors de mes trois courses suffit pour me donner un droit d’accès aux Jeux! Je passe donc à la deuxième ronde.

Le Canada doit maintenant déterminer lesquels des athlètes qualifiés seront choisis pour former son équipe. Les premières courses de sélection auront lieu en décembre prochain lors d’une Coupe du monde qui se tiendra à Canmore en Alberta. À suivre.

En attendant, pour moi, c’est mission accomplie!

Jour 9 – C’est fini.

La pression est tombée. Tous le monde est plus relax. La plupart des membres de l’équipe reprenne le chemin de la maison.

De mon côté, je mets le cap sur le Championnat canadien de ski qui débute dans quelques jours à Canmore, manière de maximiser mon temps sur neige et de bâtir sur les acquis de cette Coupe du monde.

Une partie d'Équipe Canada à Pyeongchang.

Merci Ski de fond Canada et bravo #EquipeCanada!